|
|
Vie de la région
/
Activités régionales
|

|
|
Dans notre pays, le catholique repose à coté du protestant, le réactionnaire à coté du communiste, le tala(*) à coté du libre penseur ». L’argument de tolérance vis-à-vis du religieux, intimement lié à la mort, ne trouve pas grâce à ses yeux. Il écrit au sujet des musulmans : « Jusqu’où comptez-vous donner libre cours dans notre pays aux mœurs archaïques des pays dont les gens sont ordinaires ». Et de continuer sur le même mode flirtant avec le racisme. Jérôme Monot a répondu : « Il y a quelques mois, des représentants de la communauté musulmane de Cognac qui me demandent la création, au cimetière du Breuil, d’un carré musulman qui n’existait pas jusqu’alors (…). La réponse qui a donc été la mienne à la revendication qui m’était ainsi faite à, par conséquent, été clairement négative ». Problème, à l’association des musulmans de la Charente, Kader Bouazza président pour tout le grand ouest de la France de la Fédération régionale du culte musulman, se remémore très bien l’entrevue qu’il a eu avec le maire de Cognac au sujet de cette revendication. « Quand je lui ai parlé, il m’a dit que la France était une république, qu’au nom de la laïcité, tout le monde devait être enterré de la même manière, sans distinction ».
Le Sénat et l’intérieur l’encouragent Saul que la conversation ne s’arrêtait pas là, selon kader Bouazza. « Si on a fait cette revendication, c’est qu’elle est consacrée par une circulaire du ministère de l’intérieur datant de 1975 ; Et complétée en 1991 ». Kader Bouazza reprend : « Monsieur le maire nous a alors dit qu’il y avait une possibilité au Breuil ». Un rendez-vous est d’ailleurs prévu dans les prochaines semaines entre le président de l’association et l’édile. Sur la question, un rapport du Sénat intitulé « Sérénité des défunts et respect des vivants », indique : « L’existence de cimetières ou carré juifs et protestants n’a pas menacé l’unité de la République et leur grand nombre rend inenvisageable un retour à une conception stricte du principe de neutralité des cimetières et une interdiction des regroupements confessionnels ». Il préconise, enfin, d’en rester à la circulaire de 1991 « invitant les préfets à recommander aux maires de leur département d’user des pouvoirs qu’ils détiennent pour réserver aux Français de confession islamique, si la demande leur en est présentée et à chaque fois que le nombre d’inhumation le justifiera, des carrés spéciaux dans les cimetières existants » .Des carrés qui ne sont pas cloisonnés, pas coupés les autres, mais sont, en réalité « des regroupements de fait ». Les membres de l’association des musulmans de Cognac présidée par Hamed Bouhoudi, argumentent leur revendication : ». Si on désire un carré, ce n’est absolument pas pour ce distinguer des autres ou être à l’écart. Mais dans notre religion, la tête du défunt doit être orientées vers la Mecque. C’est pour respecter cette prescription ». A Angoulême, Poitiers, Châtellerault les cimetières ont leur carré musulman sans que cela ne pose aucun problème. La Charente libre du 15.11 .06.
(*) le tala : vieux terme utilisé pour désigner des normaliens catholiques.
|
|
Pour l’instant, treize tombes y sont recensées. Alloua Rabaï explique : « la plupart des immigrés préfèrent être enterrés au pays, près de leur famille.
« Coutume et rites particuliers » . Mais pour les français musulmans, ceux qui préfèrent rester éternellement à Cognac, un carré existe bel et bien au Breuil. Alloua Rebaï exhume ainsi un courrier de Francis Hardy, daté du 4 février 1976. Le prédécesseur de Jérôme Mouhot écrit : « J’ai l’honneur de vous informer qu’un carré comprenant une cinquantaine d’emplacements a été affecté à l’inhumation des Français de confession Islamique, dans le cimetière du Breuil à Cognac, dans les conditions habituelles des concessions ». Allloua Rebaï se remémore cette époque où il obtint un carré musulman au cimetière des Trois-Chênes, à Angoulème, puis au Breuil. L’année précédente, en 1975, une circulaire ministérielle encourageait la pratique. Elle n’a jamais été remise en cause depuis, juste complétée en 1991. « A l’époque, ça dépendait surtout des relations que l’on pouvait avoir avec les maires en place » se souvient-il. Il explique sa démarche à l’époque, balaie d’un revers de manche toutes les accusations de communautarisme, de sectarisme. « Nous avons des coutumes particulières. Nous faisons la prière sur le lieu de l’inhumation, ce qui implique la présence de beaucoup de monde lors d’un enterrement. On a demandé cet espace non pas pour différencier, mais par respect aussi pour les autres. Pour ne pas les gêner, tout en respectant nos rites ». En trente ans, seulement treize concessions ont été achetées par des Français de confession musulmane. « l’orientation est respectée, tout est bon » dit Alloua Rebaï. Les tombes s’insèrent dans le paysage, n’ont rien d’ostentatoire. Il faut y regarder de près pour voir la différence, lire les pierres tombales et les inscriptions pour se rendre compte que l’on est dans un carré réservé. Enfin réservé à l’origine : face au peu d’engouement pour le carré, des emplacements ont été concédés à des Cognaçais d’autres confessions
La Charente libre du 21.11 .06. |
Top
|
|