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La Zakat

 

ÈÓã Çááå ÇáÑÍãÇä ÇáÑÍíã  æ ÇáÕáÇÉ æ ÇáÓáÇã Úáì ÓíÏ ÇáãÑÓáíä æ Úáì Çáå æ ÕÍÈå ÇÌãÚíä

 

ÇáÍãÏ ááå ÑÈ ÇáÚÇáãíä ÇáÑÍãÇä ÇáÑÍíã ãÇáß íæã ÇáÏíä ÅíÇß äÚÈÏ æÅíÇß äÓÊÚíä ÇåÏäÇ ÇáÕÑÇØ ÇáãÓÊÞíã ÕÑÇØ ÇáÐíä ÃäÚãÊ Úáíåã ÛíÑ ÇáãÛÖæÈ Úáíåã æáÇ ÇáÖÇáíä

 

 

Le thème d'aujourd'hui traite de La Zakat et la solidarité sociale

ÇáÒßÇÉ

 

Louange  et remerciement à Allah, Dieu unique, Dieu unique, qui nous a fait choisir l’islam comme religion et qui nous purifies et nous bénis par la zakat et les bonnes actions. Que Sa grâce, Son salut, Son pardon soient accordés au meilleur des Prophètes,  Mohammed  Õáì Çááå Úáíå æÓáã   ,  qu'Allah  a envoyé en tant que bénédiction pour toute l'humanité. Ainsi qu'aux membres purs de sa famille et à tous ses compagnons. Que sa miséricorde et son pardon soient accordés également à ceux et celles qui font revivrent ses efforts dans le monde, jusqu'au Jour du jugement Dernier.

 

Frères et sœurs de Foi,

 

La zakât désigne une taxe obligatoire que chaque musulman verse en vertu des règles de solidarité au sein de la communauté musulmane. La Zakât est en effet une obligation pour tout musulman possédant une richesse minimum (appelée Nisâb).

 

Le Nisâb est la fortune minimale au-delà de laquelle l'acquittement de la Zakât est obligatoire. Elle correspond à l'équivalent de 85g d'or, soit actuellement 870 euros environ. Le musulman qui possède ce niveau minimum de richesse , ou d'avantage, après un an est considéré comme assez riche pour payer la Zakât.

 

Sur quels biens doit être prélevé la Zakat ? :

 

La Zakât est due pour les biens suivantes : l'or, l'argent, les marchandises, le bétail l'exploitation minière, les actions en bourse, les titres et les obligations, , les produits agricoles (céréales, dattes, olives animaux etc) mais pas sur les denrées périssables comme les fruits et légumes…

Si un bien est acheté avec l'intention d'en tirer un profit après la vente, la Zakât est payable sur la valeur actuelle totale, par exemple placer son argent dans l’achat d bijoux ou d’appartement ou de voiture etc… Allah est savant il connaît parfaitement votre intention.

 

Si vous avez un commerce, la Zakât n'est pas due sur le bâtiment, les installations, les équipements de bureau ou les véhicules de fonction. En revanche, les fonds de roulement et tous les profits qui ont étés économisés plus d'un an, seront soumis à la Zakât.

 

Pour l'argent qu'on possède, la Zakât s'élève à 2.5% du montant total. Par exemple une personne possédant 1000 euros d'économie pendant une année donnera 1000* 2,5/100 = 25 euros pour la Zakat.

 

Troisième pilier de l’Islam : La Zakat  (ou l'aumône sociale purificatrice)

Les actes de solidarité, comme les actes de justice, sont autant de manifestations, de preuves, comme  est la patience et l'intensité de la foi qui anime le cœur du croyant. Ils en sont les signes qui révèlent sans pourtant donner aux hommes le pouvoir de trancher. Car en matière de piété, Die seul sait, « et Il est bien informé » de ce que contiennent les cœurs.

De façon plus évidente encore que pour les autres obligations de l'Islam, les deux dimensions, individuelle et sociale, se conjuguent ici. La Zakat purifie les biens comme la prière l'esprit et le jeûne le corps. L'horizon sacré et le sens intime de ce devoir de générosité sont ici évidents : pour Dieu, devant Dieu, le croyant donne de son bien. C'est cela, d'abord, qui inscrit son acte dans le domaine de la foi en se réalisant, ensuite, par sa lutte intime contre l'avarice et l'amour de l’accumulation. Le verset est clair :

 

S2, (Al-Baqarah) V267 : «Ô vous qui croyez ! Faites don des meilleures choses que vous avez acquises et des fruits que, pour vous, nous avons fait sortir de la terre. Ne choisissez pas ce qui est vil pour en faire don ».

 

íóÇ ÃóíøõåóÇ ÇáøóÐöíäó ÂãóäõæÇú ÃóäÝöÞõæÇú ãöä ØóíøöÈóÇÊö ãóÇ ßóÓóÈúÊõãú æóãöãøóÇ ÃóÎúÑóÌúäóÇ áóßõã ãøöäó ÇáÃóÑúÖö æóáÇó ÊóíóãøóãõæÇú ÇáúÎóÈöíËó ãöäúåõ ÊõäÝöÞõæäó æóáóÓúÊõã ÈöÂÎöÐöíåö ÅöáÇøó Ãóä ÊõÛúãöÖõæÇú Ýöíåö æóÇÚúáóãõæÇú Ãóäøó Çááøåó Ûóäöíøñ ÍóãöíÏñ {267}

Et ce troisième pilier, cet impôt social purificateur, traduit de façon on ne peut plus claire la spécificité de l'islam. Devoir religieux de première importance, il devient, au moment même de son actualisation, un principe fondateur et organisateur de la société. Il se présente comme un facteur d'équilibre et de cohésion sociale qui doit mener à la réalisation de la plus élémentaire des justices. Car celle--ci ne peut se réaliser sur le simple espoir que la libre générosité des riches et l'humiliante mendicité des pauvres trouveront leur point d'équilibre. La notion de Zakat sous-tend, dans son essence, une autre conception de l'organisation sociale. Ici, le riche est mis en demeure de s'acquitter de cet impôt devant Dieu et la société ; et le pauvre n'a à remercier personne, hormis Dieu, car il ne fait que recevoir son droit. En s'attachant à traduire la bonne compréhension de ce devoir et de ce droit dans l'esprit de celui qui donne, les deux versets ci-dessous en explicitent le sens :

En parlant de ceux qui sont morts après avoir été de bons croyants, le Coran rapporte :

 

S51, (Ad-Dâriyât) V19 : « Et dans leurs biens, il y avait un droit pour le mendiant et le déshérité ».

 

æóÝöí ÃóãúæóÇáöåöãú ÍóÞøñ áøöáÓøóÇÆöáö æóÇáúãóÍúÑõæãö {19}

Et dans le même sens :

 

S76, (Al-Insân) V8, 9 : « Et ils (les Croyants) offrent de la nourriture, malgré son amour (pour elle ou encore pour l’amour d’Allah) au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier ». [En disant] : « Nous vous nourrissons pour plaire à Dieu seul (pour Son visage (*)) ; nous n'attendons de vous ni récompense, ni gratitude ». (*) Attention il s’agit d’un symbole

 

æóíõØúÚöãõæäó ÇáØøóÚóÇãó Úóáóì ÍõÈøöåö ãöÓúßöíäÇð æóíóÊöíãÇð æóÃóÓöíÑÇð {8} ÅöäøóãóÇ äõØúÚöãõßõãú áöæóÌúåö Çááøóåö áóÇ äõÑöíÏõ ãöäßõãú ÌóÒóÇÁ æóáóÇ ÔõßõæÑÇð {9}

 

C'est cet engagement proprement social qui est requis de ceux qui croient et qui pratiquent. Impossible ici d'isoler le privé du public : toute société, ou toute communauté musulmane, d'Orient ou d'Occident, doit s'organiser en conséquence pour permettre aux uns de répondre à leur devoir, aux autres de voir reconnus leur droit. Il ne s'agit pas ici d'une clause annexe ou d'un acte surérogatoire de la pratique religieuse : bien plutôt, c'est l'un de ses piliers et l'axe fondateur de la philosophie sociale, de la culture et de la civilisation Islamique. Comme s'il n'y avait pas de foi sans solidarité, pas de solidarité sans espace social et enfin pas d'espace social sans un engagement actif des hommes de foi. Et il appartient à ces derniers d'y instaurer la justice et de lutter pour qu'elle soit défendue, avec leur personne, avec leur voix et leur plume, avec leur cœur, enfin. Car c'est de cela qu'il s'agit somme toute : c'est bien dans le cœur du croyant que la double dimension individuelle et sociale, sacrée et profane, trouve son harmonie. Devoir ou pas, la foi est une preuve, et une épreuve, d'amour :

"Il n'est pas croyant celui d'entre vous qui n'aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même." Rapporté par Boukhâri et Muslim

 

áÇ íÄãä ÃÍÏßã ÍÊì íõÍÈ áÃÎíå ãÇ íÍÈ áäÝÓå

a) La zakât :

 

Ce troisième pilier de l'islam et son essence même révèle l'importance de la participation sociale dans l'univers musulman. La zakât est clairement un impôt sur l'avoir et la propriété qu'il faut comprendre, d'abord, comme une obligation devant Dieu. Ce prélèvement "purifie" sur le plan religieux, sacré et moral le bien de celui qui le possède. Ainsi donc, le lien avec Dieu, avec le souvenir du sens et de la finalité de la vie, est inscrit et réalisé non seulement dans l'être mais dans l'avoir et dans le rapport que chaque être humain établit avec lui. Après les deux témoignages de l'unicité de Dieu (tawhîd) et de la prophétie, après l'injonction de la prière qui fonde le lien entre le fidèle et le Créateur, l'impôt social purificateur projette le croyant dans la sphère communautaire qui est ainsi irradiée par la Transcendance et le sacré. Dans le même temps, ce qui sous-tend la zakât, c'est une conception pleine, et éthique, de l'organisation sociale et des relations humaines : celui qui possède a des devoirs, celui qui est démuni a des droits devant Dieu et devant les hommes. L'islam ne conçoit pas la pauvreté comme un fait normal de l'univers social et il n'envisage pas non plus que le remède à cette distorsion soit le fait de la libre générosité des uns à l'égard des autres dans l'espoir que, de façon miraculeuse, l'opulence des riches et la mendicité des pauvres pourront trouver un point d'équilibre. L'obligation de la zakât place cette question sur le domaine du droit et de la morale et ne peut être laissée à l’appréciation de chacun. La solidarité sociale est partie de la foi, elle en est le témoignage le plus concret : être avec Dieu, c'est être avec les hommes ; tel est l'enseignement essentiel du troisième pilier de l'islam.

 

Abû Bakr RA), le premier successeur du Prophète (En tant que calif), a décidé, contre l'avis de Omar (RA), de combattre les tribus du Sud qui ne voulaient plus s'acquitter de la zakât :

'Abû Hurayra ÑóÖöíó Çááøóåõ Úóäúå a dit:

A la mort de l'Envoyé d'Allah Õóáøóì Çááøóåõ Úóáóíúåö æóÓóáøóãó, quand 'Abû Bakr ÑóÖöíó Çááøóåõ Úóäúå fut investi du califat et qu'un certain nombre d'Arabes renièrent leur foi, `Umar dit à 'Abû Bakr: ÑóÖöíó Çááøóåõ ÚóäúåóãÇ ". Comment vas-tu les combattre alors que l'Envoyé d'Allah a dit: J'ai reçu l'ordre de combattre les idolâtres jusqu'à ce qu'ils confessent qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah. Celui qui témoigne de l'unicité d'Allah, rends sa vie et ses biens inviolables, sauf au cas où il serait jugé coupable et c'est à Allah qu'il appartiendra de régler son compte". 'Abû Bakr répondit: ". Par Dieu! Je combattrai quiconque fait de distinction entre la prière et la taxe purificatrice (Az-Zakât); car celle-ci est le dû des biens (c.-à-d. le droit d'Allah sur nos biens comme la prière et le jeûne sont le droit d'Allah sur notre corps). Par Dieu! S'ils me refusent un licou qu'ils livraient en impôt à l'Envoyé d'Allah Õóáøóì Çááøóåõ Úóáóíúåö æóÓóáøóãó , je les combattrai pour ce refus".

 

ÞÇá ÇáÕÏíÞ ÑóÖöíó Çááøóåõ Úóäúå  ((æÇááå áÃÞÇÊáä ãä ÝÑøÞ Èíä ÇáÕáÇÉ æÇáÒßÇÉ¡ æÇááå áæ ãäÚæäí ÚÞÇáÇ ßÇäæÇ íÄÏæäåÇ áÑÓæá Çááå áÞÇÊáÊåã Úáì ãäÚåÇ))   

 

Il n'y avait pas à transiger sur une question qui relève, devant Dieu, du droit des pauvres et donc de la responsabilité de toute société constituée. Ce ne peut être une simple question de bonté, c'est clairement une question de justice et cette notion doit être défendue dans chacune des transactions humaines. C'est ce que les riches, ceux qui possèdent, ne doivent jamais oublier ; car dans leurs biens, comme le stipule le Coran, il y a "un droit pour le mendiant et le déshérité".

 

Bayt Almal  ( Maison de l’argent : trésorerie)

 

Dès le début de l’islam une organisation centralisé a été mise en place pour récolter la zakat et la distribuer aux personnes dans le besoin. Pour l’humanité, c’est la 1ère fois qu’apparaît la solidarité sociale ou entraide sociale.

Mais malheureusement cette organisation a disparu avec la chute de l’empire Ottoman au début du 20ème siècle. Maintenant il existe des organisations ou des associations de bienfaisance qui s’occupent de la zakat, mais ce n’est plus centralisé. Et c’est l’individu qui se trouve seul face à sa conscience et le choix des bénéficiaires.

Sous le khilafa de Omar Ibn abdAlaziz ÑóÖöíó Çááøóåõ Úóäúå Bayte Almal avait tellement d’argent qu’on le distribua à tous les nécessiteux puis tous les pauvres puis pour aider tous les jeunes à se marier de telle sorte qu’il ne restait plus personne dans le besoin, et comme il restait encore de l’argent dans les caisses Omar Ibn abdAlaziz ordonna qu’on achète du blé avec et d’aller le disperser en montagnes pour les oiseaux.  Ceci et la preuve des biens d’Allah lorsqu’on suit le droit chemin.

Il faut attirer l’attention que les impôts ou les taxes prélevés par l’état (y compris les états musulmans) ne doivent pas être compté comme Zakat puis qu’il a d’autre fonction et ne répond pas  au critère de nissab ni des bénéficiaires.

 

b) Les dépenses personnelles :

 

Au-delà de l'obligation de la zakât, on trouve, dans l'enseignement islamique, un grand nombre de recommandations concernant la portée morale des dépenses personnelles. La gestion de l'avoir ne saurait se penser hors du sens même de l'individu ; en aucun cas. On peut déterminer au moins quatre directions qui spécifient, dans le Coran, la portée morale de ces dépenses : plaire à Dieu et faire don dans Sa voie, donner la juste mesure, lutter contre l'égoïsme et la thésaurisation (accumulation), faire preuve de réserve.

 

Plaire à Dieu et faire don dans Sa voie :

 

La Révélation coranique est parcourue par ce type de rappel et nous pouvons ici citer quelques-uns des versets les plus significatifs en ce sens :

 

S76, (Al-Insân) V8, 9 : « Et ils (les croyants) offrent de la nourriture, malgré son amour (pour elle ou encore pour l’amour d’Allah) au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier ». [En disant] : « Nous vous nourrissons pour plaire à Dieu seul (pour Son visage (*)) ; nous n'attendons de vous ni récompense, ni gratitude ». (*) Attention il s’agit d’un symbole

 

æóíõØúÚöãõæäó ÇáØøóÚóÇãó Úóáóì ÍõÈøöåö ãöÓúßöíäÇð æóíóÊöíãÇð æóÃóÓöíÑÇð {8} ÅöäøóãóÇ äõØúÚöãõßõãú áöæóÌúåö Çááøóåö áóÇ äõÑöíÏõ ãöäßõãú ÌóÒóÇÁ æóáóÇ ÔõßõæÑÇð {9}

On trouve dans les deux versets suivants des images qui rapprochent le "bénéfice" du don dans la voie de Dieu avec la vie foisonnante de la nature qui offre de ses biens sans compter :

 

S2 (Al-Baqarah) V261 : « Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin de Dieu sont semblables à un grain qui produit sept épis ; et chaque épi contient cent grains. Dieu accorde le double à qui Il veut. Dieu est présent partout et Il sait ».

 

ãøóËóáõ ÇáøóÐöíäó íõäÝöÞõæäó ÃóãúæóÇáóåõãú Ýöí ÓóÈöíáö Çááøåö ßóãóËóáö ÍóÈøóÉò ÃóäÈóÊóÊú ÓóÈúÚó ÓóäóÇÈöáó Ýöí ßõáøö ÓõäÈõáóÉò ãøöÆóÉõ ÍóÈøóÉò æóÇááøåõ íõÖóÇÚöÝõ áöãóä íóÔóÇÁõ æóÇááøåõ æóÇÓöÚñ Úóáöíãñ {261}

Et plus loin :

 

S2, (Al-Baqarah) V265 : « Ceux qui dépensent leurs biens, avec le désir de plaire à Dieu et pour affermir leur âme, ressemblent à un jardin planté sur une colline : si une forte pluie l'atteint, il donnera deux fois le double de fruits ; si elle ne l'atteint pas, la rosée y suppléera. Dieu voit parfaitement ce que vous faites ».

 

æóãóËóáõ ÇáøóÐöíäó íõäÝöÞõæäó ÃóãúæóÇáóåõãõ ÇÈúÊöÛóÇÁ ãóÑúÖóÇÊö Çááøåö æóÊóËúÈöíÊÇð ãøöäú ÃóäÝõÓöåöãú ßóãóËóáö ÌóäøóÉò ÈöÑóÈúæóÉò ÃóÕóÇÈóåóÇ æóÇÈöáñ ÝóÂÊóÊú ÃõßõáóåóÇ ÖöÚúÝóíúäö ÝóÅöä áøóãú íõÕöÈúåóÇ æóÇÈöáñ ÝóØóáøñ æóÇááøåõ ÈöãóÇ ÊóÚúãóáõæäó ÈóÕöíÑñ {265}

 

La foi est cette conviction intime que Dieu voit ce que nous faisons et connaît l'intention de nos dépenses. Préserver ce lien avec le Créateur, c'est orienter toute notre activité financière vers le bien, la transparence et la justice. C'est, au-delà de la zakât, donner et donner encore de notre superflu pour vivre selon nos droits à l'unisson du droit d'autrui.

 

Donner la juste mesure :

 

Il ne s'agit pourtant pas de vivre comme un solitaire et de tout donner sans compter. Il ne peut s'agir de se faire pauvre pour rendre justice. Le vrai don est celui qui naît de l'équilibre en restant conscient tant de la responsabilité humaine que de la limite. La juste mesure du don est essentielle :

 

S17, (Al-Isrâ’) : « Ne porte pas ta main fermée à ton cou et ne l'étends pas non plus trop largement sinon tu te retrouverais honni et misérable ».

 

 æóáÇó ÊóÌúÚóáú íóÏóßó ãóÛúáõæáóÉð Åöáóì ÚõäõÞößó æóáÇó ÊóÈúÓõØúåóÇ ßõáøó ÇáúÈóÓúØö ÝóÊóÞúÚõÏó ãóáõæãÇð ãøóÍúÓõæÑÇð {29}

 

S25, (Al-furqâne) V67 : « (Les serviteurs du Miséricordieux sont) ceux qui, pour leurs dépenses ne sont ni gaspilleurs, ni avares et qui trouvent la juste mesure entre les deux ».

 

æóÇáøóÐöíäó ÅöÐóÇ ÃóäÝóÞõæÇ áóãú íõÓúÑöÝõæÇ æóáóãú íóÞúÊõÑõæÇ æóßóÇäó Èóíúäó Ðóáößó ÞóæóÇãÇð {67}

 

Donner une partie de son temps et de ses biens, c'est se donner les moyens d'un engagement permanent pour soi et pour les autres. Notre esprit, notre corps, nos proches ont des droits sur nous auxquels il faut répondre et de cette réponse naîtra le vrai don de soi à autrui et à l'ensemble de la société : la juste mesure permet de préserver les conditions d'être au centre de soi pour mieux être avec les hommes.

 

Lutter contre l'égoïsme et la thésaurisation (l’accumulation)

 

Les injonctions coraniques sur ce point vont dans le même sens et complètent ce que nous venons de rappeler. Négliger le don, protéger son bien au point de l'enfouir, c'est oublier Dieu et donner à l'avoir la valeur de l'idole. C'est compter, quand il faudrait prier et se purifier de cette tendance naturelle à l'égoïsme.

S59, (Al-Hachr)V9 : (fin du verset)« Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent."

 

æóãóä íõæÞó ÔõÍøó äóÝúÓöåö ÝóÃõæúáóÆößó åõãõ ÇáúãõÝúáöÍõæäó {9}

 

La Révélation a des mots très durs concernant ceux qui accumulent. La vision de l'au-delà des peines est destinée à éveiller les consciences sur la gravité d'une attitude qui confine à l'idolâtrie... dont nous voyons les effets tous les jours :

 

S9, (At-Tawabah) V34, 35 : « Annonce un châtiment douloureux à ceux qui accumulent l'or et l'argent sans rien dépenser dans le chemin de Dieu ». « Le jour où ces métaux seront portés à incandescence dans le Feu de la Géhenne et qu'ils serviront à marquer leur front, leurs flancs et leur dos : Voici ce que vous thésaurisiez ; goûtez donc ce que vous thésaurisiez ! ».

 

æóÇáøóÐöíäó íóßúäöÒõæäó ÇáÐøóåóÈó æóÇáúÝöÖøóÉó æóáÇó íõäÝöÞõæäóåóÇ Ýöí ÓóÈöíáö Çááøåö ÝóÈóÔøöÑúåõã ÈöÚóÐóÇÈò Ãóáöíãò {34} íóæúãó íõÍúãóì ÚóáóíúåóÇ Ýöí äóÇÑö Ìóåóäøóãó ÝóÊõßúæóì ÈöåóÇ ÌöÈóÇåõåõãú æóÌõäæÈõåõãú æóÙõåõæÑõåõãú åóÜÐóÇ ãóÇ ßóäóÒúÊõãú áÃóäÝõÓößõãú ÝóÐõæÞõæÇú ãóÇ ßõäÊõãú ÊóßúäöÒõæäó {35}

 

 Faire preuve de réserve et de respect :

 

C'est un rappel constant dans le Coran. Il est demandé à l'homme de trouver la mesure dans ce qu'il donne et de rester discret et respectueux des hommes. Au vrai, la façon de donner est en soi un témoignage de la foi : qui n'a pas besoin d'être vu des hommes se sait accompagné par Dieu, en toutes circonstances. Sa réserve, au demeurant, préserve la dignité de ceux à qui il vient en aide :

 

S2, (Al-Baqarah) V271 : « Si vous donnez vos dons (aumônes) d'une façon apparente, c'est bien. Si vous les cachez pour les donner aux pauvres, cela est préférable. Elles effacent en partie vos mauvaises actions. Dieu est bien informé de ce que vous faites ».

 

Åöä ÊõÈúÏõæÇú ÇáÕøóÏóÞóÇÊö ÝóäöÚöãøóÇ åöíó æóÅöä ÊõÎúÝõæåóÇ æóÊõÄúÊõæåóÇ ÇáúÝõÞóÑóÇÁ Ýóåõæó ÎóíúÑñ áøõßõãú æóíõßóÝøöÑõ Úóäßõã ãøöä ÓóíøöÆóÇÊößõãú æóÇááøåõ ÈöãóÇ ÊóÚúãóáõæäó ÎóÈöíÑñ {271}

 

On retrouve à nouveau une image tirée de la nature pour exprimer la perversion du fait de donner pour être vu :

 

S2, (Al-Baqarah) V267 : « Ô les Croyants ! Ne rendez pas vains vos dons (aumônes) en y joignant un reproche ou la remarque d'un tort, comme celui qui dépense son bien pour être vu des hommes, et qui ne croit ni en Dieu ni au Jour dernier. Il ressemble à un rocher recouvert de terre : une forte pluie l'atteindra et le laissera dénudé... ».

 

íóÇ ÃóíøõåóÇ ÇáøóÐöíäó ÂãóäõæÇú áÇó ÊõÈúØöáõæÇú ÕóÏóÞóÇÊößõã ÈöÇáúãóäøö æóÇáÃÐóì ßóÇáøóÐöí íõäÝöÞõ ãóÇáóåõ ÑöÆóÇÁ ÇáäøóÇÓö æóáÇó íõÄúãöäõ ÈöÇááøåö æóÇáúíóæúãö ÇáÂÎöÑö ÝóãóËóáõåõ ßóãóËóáö ÕóÝúæóÇäò Úóáóíúåö ÊõÑóÇÈñ ÝóÃóÕóÇÈóåõ æóÇÈöáñ ÝóÊóÑóßóåõ ÕóáúÏÇð áÇøó íóÞúÏöÑõæäó Úóáóì ÔóíúÁò ãøöãøóÇ ßóÓóÈõæÇú æóÇááøåõ áÇó íóåúÏöí ÇáúÞóæúãó ÇáúßóÇÝöÑöíäó {264}

 

Telle devrait être l'attitude des hommes : lutter pour que les droits de chacun soient respectés et donner de ses biens dans le silence et la discrétion. Ce devoir de réserve est, malgré les apparences, d'une très grande importance : il imprime une marque distinctive qui est, en toutes circonstances et au chevet de chaque intimité le respect de la dignité des hommes. Il s'agit de prévenir les maux, de donner avant que les pauvres n'aient à mendier et de chercher à n'être vu de personne pour qu'ils n'aient à rougir ou à se cacher de rien. Quand la société ne donne pas ce qui revient de droit à ses membres, les mieux nantis parmi eux doivent manifester la grandeur de cette morale de la générosité digne. Le Coran ne cesse de dessiner l'horizon de ce paysage qu'on ne saurait oublier dans la gestion de notre économie privée.

 

Ces quatre orientations imprimées aux dépenses personnelles sont autant de qualités morales qui donnent sens à l'action des hommes. On le perçoit sans difficulté, avec le souvenir de Dieu, l'acte s'inscrit dans une dimension sacrée parce qu'il exprime immédiatement - au sens de "sans médiation" - le lien avec la Transcendance. Il est porteur d'une finalité, d'un sens : ce sens est clairement l'expression d'une morale de l'action et donc de l'activité économique élémentaire, usuelle, quotidienne.

 

c) La vie communautaire :

 

L'enseignement que l'on peut tirer concernant l'individu et la vie communautaire découle de ce qui vient d'être dit de la zakât et des dépenses personnelles. Impossible de vivre seul, de témoigner, de prier, de jeûner, de faire le pèlerinage seul, loin des hommes en ne se souciant que de soi. Encore une fois, être avec Dieu, c'est être avec les hommes ; porter la foi, c'est porter la responsabilité d'un engagement social de tous les instants. L'enseignement que l'on doit dégager de la zakât est on ne peut plus explicite : avoir, c'est devoir partager. Impossible ici, au nom de la liberté, d'accroître ses biens sans honte au prix de l'exploitation et des injustices sociales ; impossible encore d'oublier les intérêts de l'ensemble de la société pour ne mesurer que les siens. L'homme est libre certes, mais il est responsable de cette liberté devant Dieu et devant les hommes. Cette responsabilité est forcément morale : dans l'ordre de cette moralité, être libre, c'est protéger la liberté d'autrui et sa dignité.

 

Les piliers de l'islam portent cette double dimension individuelle et communautaire. L'essence de l'enseignement islamique tient à cette voie dessinée entre deux extrêmes : privilégier l'individu et ses seuls intérêts; ou donner la priorité au groupe, à la société et nier la spécificité, les espérances et les désirs de chacun. Difficile équilibre, mais il est le seul à répondre à l'exigence du Créateur qui attend de l'homme qu'il porte seul la responsabilité de sa vie communautaire. Dieu dit dans le Coran :

 

S7, (Al-A’râf) V39 : « Qui a interdit les parures que Dieu a créé pour ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ? ».

 

Þõáú ãóäú ÍóÑøóãó ÒöíäóÉó Çááøåö ÇáøóÊöíó ÃóÎúÑóÌó áöÚöÈóÇÏöåö æóÇáúØøóíøöÈóÇÊö ãöäó ÇáÑøöÒúÞö Þõáú åöí áöáøóÐöíäó ÂãóäõæÇú Ýöí ÇáúÍóíóÇÉö ÇáÏøõäúíóÇ ÎóÇáöÕóÉð íóæúãó ÇáúÞöíóÇãóÉö ßóÐóáößó äõÝóÕøöáõ ÇáÂíóÇÊö áöÞóæúãò íóÚúáóãõæäó {32}

 

S28, (Al-Qasas) V77 :"Et recherche, dans ce que Dieu t'a donné, la demeure dernière. Et n'oublie pas ta part [ne déserte pas tes intérêts matériels au profit d’une piété exagérée] dans ce monde. Et sois bienfaisant [envers les démunis] comme Dieu a été bienfaisant envers toi. Et ne propage pas la corruption sur la terre Car Allah n'aime pas les corrupteurs ».

 

æóÇÈúÊóÛö ÝöíãóÇ ÂÊóÇßó Çááøóåõ ÇáÏøóÇÑó ÇáúÂÎöÑóÉó æóáóÇ ÊóäÓó äóÕöíÈóßó ãöäó ÇáÏøõäúíóÇ æóÃóÍúÓöä ßóãóÇ ÃóÍúÓóäó Çááøóåõ Åöáóíúßó æóáóÇ ÊóÈúÛö ÇáúÝóÓóÇÏó Ýöí ÇáúÃóÑúÖö Åöäøó Çááøóåó áóÇ íõÍöÈøõ ÇáúãõÝúÓöÏöíäó {77}

 

Que les hommes et femmes de foi prennent garde à préserver la qualité morale de leur gestion, les principes de la jurisprudence islamique en matière de propriété apportent deux éléments qui sont de nature à se prémunir des excès. La première de ces limitations est l'obligation de verser la zakât. En effet, l'impôt social purificateur est un impôt sur la fortune et non pas seulement sur le revenu. Les musulmans doivent verser un pourcentage de leur bien au terme de l'exercice d'une année. Nous avons parlé de l'importance religieuse de ce paiement et du sens éminemment moral qu'il revêt. Sa portée sur le plan de la justice sociale et de la solidarité entre les riches et les pauvres qui doit en découler est explicite. Il faut pourtant ajouter que la zakât est en soi une invitation à faire travailler et fructifier son bien sans thésaurisation (accumulation) possible.

La seconde limitation en matière de gestion de la propriété est l'une des interdictions islamiques les plus rigoureuses en matière d'affaires sociales. C’est l'usure - ou à l'intérêt – Arriba, (thème différent)

 

A qui est destinée la Zakat ? : A huit (8) catégories de personnes :

S9, (At-Tawabah) V60 : « Les Sadaqâts ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner (à l'Islam), l'affranchissement des jougs (esclaves), ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d' Allah (*), et pour le voyageur (en détresse). C'est un décret d' Allah! Et Allah est Omniscient et Sage ».

ÅöäøóãóÇ ÇáÕøóÏóÞóÇÊõ áöáúÝõÞóÑóÇÁ æóÇáúãóÓóÇßöíäö æóÇáúÚóÇãöáöíäó ÚóáóíúåóÇ æóÇáúãõÄóáøóÝóÉö ÞõáõæÈõåõãú æóÝöí ÇáÑøöÞóÇÈö æóÇáúÛóÇÑöãöíäó æóÝöí ÓóÈöíáö Çááøåö æóÇÈúäö ÇáÓøóÈöíáö ÝóÑöíÖóÉð ãøöäó Çááøåö æóÇááøåõ Úóáöíãñ Íóßöíãñ {60}

(*) Le sentier d’Allah ne concerne pas uniquement la guerre Sainte, mais peut s’étendre aussi à toutes les œuvres d’utilités publique, tel que, fourniture pour les mosquées ; édification des hôpitaux, des écoles, Orphelinats,

Les parents,  les grands parents, les enfants, les petits enfants n’ont pas le droit à la zakat. On a obligations de subvenir à leurs besoins. Attention aux préférences familiales ou amicales sauf si ça rentre dans les 8 catégories.

Al-faqr :  A) Celui qui ne trouve pas de quoi subvenir à ces besoins et à ceux des siens, en nourriture, vêtements et logement, même s’il possède un montant imposable de biens.  B) Le nécessiteux : Le Prophète Õáì Çááå Úáíå æÓáã  a définit le nécessiteux comme suit : « Le nécessiteux n’est pas celui qui va d’une personne à une autre, congédié par une bouchée de dattes ou deux, par une ou deux dattes, mais le nécessiteux est celui qui n’a rien à dépenser et dont on ne soupçonne pas la privation pour lui venir en aide et qui ne se présente pas pour demander l’aumône » (Al-Bokari). Il peut être plus ou moins aisé qu’un pauvre.

Cependant Tous les deux sont considérés sur le même pied d’égalité et on leur applique la même règle.

Al-kafâf : Posséder juste ce qui est nécessaire

 

Le Prophète priait parfois ainsi : "O Dieu, fais que ma maisonnée ait comme subsistance ce qui couvre ses besoins" (rapporté par Muslim, n° 1055). Le Prophète a dit aussi : "A réussi celui qui est musulman, auquel Dieu a accordé de quoi subvenir à ses besoins, et que Dieu a fait se suffire de ce qu'Il lui a accordé" (rapporté par Muslim, n° 1054). C'est donc ce niveau que le Prophète a recommandé.


Al-ghinâ : l'aisance : posséder plus que le nécessaire

 

Posséder plus que le niveau de vie suffisant (al-kafâf), autrement dit accéder à une certaine forme de richesse (al-ghinâ). Il faut néanmoins se souvenir que l'islam demande à celui qui est riche de savoir gérer sa richesse tant au niveau de son cœur (qu'il n'en fasse pas une "divinité") qu'au niveau de ses actes (acquérir cette richesse et l'utiliser dans le cadre de ce qui est permis). Le Prophète a ainsi dit : "La richesse est permise pour qui est pieux" (rapporté par Ibn Mâja, n° 2141). De plus, le Prophète a demandé que les gens aisés ne méprisent pas ceux qui sont pauvres, mais les aiment, les fréquentent et les aident (les Hadîths sont bien connus à ce sujet).

L'islam nous apprend à être heureux de ce qu'on a, et de ne pas jalouser celui qui est doté de choses dont on ne peut pas se doter : "Lorsque l'un d'entre vous voit celui qui a été privilégié par rapport à lui sur le plan matériel ou physique, qu'il regarde celui qui a été moins privilégié que lui-même" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 6125, Muslim, n° 2963). "Sois heureux de ce que Dieu t'a accordé, tu seras le plus riche des hommes. (Tirmidhy)

  

La zakât, impôt purificateur musulman, est destinée entre autres aux pauvres.

Qui est considéré comme pauvre au regard de l'islam ? Peut-on établir un plafond de revenus mensuels au dessous duquel  une personne pourrait être considéré comme pauvre ?

 

Quel montant peut-on remettre à un pauvre ?

 

A) Deux rappels

 

D'emblée il nous faut rappeler qu'il y a une distinction entre le niveau d'extrême pauvreté, qui rend permis de tendre la main devant les gens, et le niveau de pauvreté relative, qui rend permis seulement de prendre la zakât. Ne peut demander aux gens une aide financière que celui qui n'a pas de quoi manger pour la journée, d'après le hadîth du Prophète (rapporté par Abû Dâoûd, n° 1388). D'après l'appellation contemporaine, c'est lui qui souffre de pauvreté absolue (d'autres hadîths existent également sur le sujet, ce qui a entraîné d'autres avis). Quant à celui qui ne souffre pas de pauvreté extrême, il ne peut pas demander aux gens. Il est cependant possible qu'il soit pauvre à un niveau relatif et que, en tant que tel, il fasse partie des bénéficiaires de la zakât.

 

Il faut également rappeler que l'islam a voulu que la zakât aille à ceux qui en ont réellement besoin et non pas à ceux qui ne travaillent pas par paresse. C'est pourquoi le Prophète a dit à deux hommes robustes venus lui demander quelque chose de la zakât : "(…) Il n'y a pas de part dans cette (zakât) pour un homme riche, ni pour un homme disposant de ses forces et (pouvant) travailler" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 1391). Certains savants musulmans comme Ash-Shâfi'î etc. ont donc établi que cette considération était à prendre en compte prioritairement. Ceci concerne celui qui ne travaille pas alors qu'il en a les possibilités. Par contre, il y a bien sûr celui qui a une excuse valable l'empêchant de travailler, par exemple un handicap physique, une grave maladie, le fait de suivre des études permises, ou de subir le chômage, etc. Celui qui est dans ce cas peut prendre la zakât. De même, celui qui travaille mais dont le travail ne couvre qu'une partie des besoins essentiels fait bel et bien partie des pauvres et, en tant que tel, peut lui aussi prendre la zakât.

 

B) Qu'est-ce que la pauvreté permettant de recevoir la zakât ?

 

Ces deux considérations une fois évoquées, il nous est maintenant possible de nous demander qu'est-ce que la pauvreté permettant de recevoir la zakâte ? Les avis des savants musulmans sont divergents sur le sujet.

 

Certains savants (dont Mâlik, Ash-Shâfi'î et Ahmad) prennent en compte la notion des besoins essentiels (qu'ils nomment "kifâya") :

- la personne qui peut subvenir à ses besoins essentiels est aisée (ghanî) et ne peut donc pas prendre la zakât.

- par contre, la personne qui n'a pas suffisamment de biens pour subvenir à ses besoins essentiels peut prendre la zakâte parce que pauvre (avec ensuite, d'après Ash-Shâfi'î et Ahmad, plusieurs sous-catégories selon que cette personne possède de quoi subvenir à au moins 50% de ses besoins, ou qu'elle ne puisse même pas subvenir à 50% de ses besoins).

 

D'autres savants (comme Abû Hanîfa) prennent aussi en compte la notion des "besoins essentiels" (qu'ils nomment "al-hâja al-asliyya"), mais dans une dimension légèrement différente. Selon eux :

- Est pauvre et peut donc recevoir la zakâte la personne dont les biens ne suffisent pas à subvenir à ses besoins essentiels.

- De même, est pauvre et peut aussi recevoir la zakât la personne qui, après avoir subvenu à ses besoins essentiels, possède moins que la valeur du quorum de la zakâte (nissâb) – que ce soit en monnaie, en marchandises commerciales, en or, en argent ou en autres biens qui sont en plus de ses besoins.

- Par contre, n'est pas pauvre et ne peut pas prendre l'argent de la zakâte la personne qui possède, au-delà de ce qui suffit à ses besoins essentiels, le montant du quorum de la zakâte (nissâb) – en monnaie, en marchandises commerciales, en or, en argent ou en biens qui sont en plus de ses besoins ("wa yajûzu daf'u-z-zakât ilâ man yamliku nisâban, min ayyi mâl kâna (...). Wa-sh-shart an yakûna fâdhilan 'an-il-hâjat al-asliyya", Al-Hidâya, tome 1 p. 187).

 

Par rapport à l'avis des autres savants, la notion de la pauvreté selon Abû Hanîfa est donc légèrement plus large, englobant également la personne qui peut subvenir à ses besoins essentiels mais à qui il reste ensuite moins que la valeur du quorum de la zakât.

 

On ne peut bien sûr laisser chacun définir lui-même ce qu'il considère faire partie de ses besoins essentiels : tout le monde prétendrait n'avoir pas assez d'argent pour satisfaire ces besoins, et mériter alors la zakâte. Des juristes musulmans ont donc établi des principes à ce sujet.

 

B.1) Quels types de besoins sont essentiels ?

 

Les besoins essentiels sont constitués de "ce qui permet à l'homme de vivre. Soit que cela contribue réellement à le faire vivre, comme les dépenses liées à l'entretien, l'habitation, les vêtements. Soit que cela y participe indirectement, comme les dépenses liées au règlement des dettes – ceci étant nécessaire pour éviter un éventuel emprisonnement – ou comme ce qui permet de travailler, ou comme les effets ménagers, les montures pour voyager, les livres pour la connaissance, etc.

 

C) Quel doit être le montant de zakât à donner à un pauvre ?

 

Les avis des savants sont divergents sur le sujet.  Certains sont d'avis qu'il ne faut pas dépasser un certain seuil.

 

D'autres qu'il est au contraire souhaitable de donner en une fois à un pauvre tout ce qui l'aidera à s'en sortir. Ensuite, parmi les partisans du deuxième avis, certains recommandent de donner au pauvre ce qui lui sera suffisant pour une année, d'autres ce qui pourra lui suffire pour toute sa vie.

 

Al-Qardhâwî a fait une synthèse de ces différents avis. Il écrit en substance : "Les pauvres peuvent être rangés en deux catégories.

L'une est formée de ceux qui ne peuvent pas travailler à cause d'une excuse valable (handicap, extrême vieillesse, etc.), et à ceux-là on peut verser la zakât sous forme de pension mensuelle ou annuelle, en fonction de leur situation.

L'autre catégorie de pauvres est constituée de ceux qui pourraient travailler mais manquent de moyens pour pouvoir le faire. A ceux-là on pourra donner comme zakât ce qui leur sera suffisant pour longtemps, sous la forme de ce qui leur permettra de travailler ensuite toute leur vie."

 

La zakat frappe quatre catégories de biens : les produits agricoles tels les céréales et les fruits, des animaux domestiques, l’or et l’argent (et les billets de banque qui en tiennent lieu aujourd’hui).Le taux appliqué dans ce cas est de 2,5%. En plus, la zakat s’applique aux marchandises.

  

ÑóÈøóäóÇ áÇ ÊõÄóÇÎöÐúäóÇ Åöäú äóÓöíäóÇ Ãóæú ÃóÎúØóÃúäóÇ ÑóÈøóäóÇ æóáÇ ÊóÍúãöáú ÚóáóíúäóÇ ÅöÕúÑðÇ ßóãóÇ ÍóãóáúÊóåõ Úóáóì ÇáøóÐöíäó ãöäú ÞóÈúáöäóÇ ÑóÈøóäóÇ æóáÇ ÊõÍóãøöáúäóÇ ãóÇ áÇ ØóÇÞóÉó áóäóÇ Èöåö æóÇÚúÝõ ÚóäøóÇ æóÇÛúÝöÑú áóäóÇ æóÇÑúÍóãúäóÇ ÃóäúÊó ãóæúáóÇäóÇ ÝóÇäÕõÑúäóÇ Úóáóì ÇáúÞóæúãö ÇáúßóÇÝöÑöíä

 

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Çááåã ÅäÇ äÓÃáß ÚáãÇ äÇÝÚÇ æÑÒÞÇ ØíÈÇ æÚãáÇ ãÊÞÈáÇ æ ÞáÈÇ ÔÇßÑÇ æáÓÇäÇ ÐÇßÑÇ æ ÔÝÇÁ ãä ßá ÏÇÁ

 

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 æ ÑÓæáß ÓíÏäÇ ãÍãÏ Õáì Çááå Úáíå æ Óáã æ ÈÍÈ ÌãíÚ ÇáãÑÓáíä

 

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ÑÈäÇ ÂÊäÇ Ýí ÇáÏäíÇ ÍÓäÉ æÝí ÇáÂÎÑÉ ÍÓäÉ æÞäÇ ÚÐÇÈ ÇáäÇÑ

 

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ÓÈÍÇä ÑÈß ÑÈ ÇáÚÒÉ ÚãÇ íÕÝæä æ ÓáÇã Úáì ÇáãÑÓáíä æ ÇáÍãÏ ááå ÑÈ ÇáÚÇáãíä þ

 

 

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